Journée en hommage au ProfesseurM’hamed Hassine Fantar pour célébrer ses 90 ans

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Institut français de Tunisie · Jeudi 5 novembre 2026 · 15h00–18h00

Attilio Mastino

Cher M’hamed, chers amis et collègues,

C’est une immense joie de célébrer aujourd’hui les quatre-vingt-dix ans de M’hamed Hassine Fantar, l’un des plus éminents spécialistes de la civilisation phénicienne et punique, mais surtout un ami auquel nous unissent des décennies de rencontres, de collaboration scientifique sur le patrimoine et d’affection. Je voudrais évoquer quelques moments d’une histoire qui a profondément rapproché la Tunisie et la Sardaigne.

Le premier nous ramène à Monte Sirai, aux années pionnières des recherches entreprises sous l’impulsion de Sabatino Moscati et de Ferruccio Barreca. Piero Bartoloni a conservé un souvenir précis de cette époque : en 1965, Dalila et Mohamed Fantar, alors étudiants à la Sorbonne, à Paris, arrivèrent en Sardaigne et participèrent ensemble aux fouilles de la nécropole punique à hypogées. En 1966, Mohamed fouilla une habitation dans l’insula B de l’agglomération, que les archéologues baptisèrent dès lors affectueusement « Casa Fantar ». Ce n’est pas seulement un épisode de l’histoire des fouilles : c’est le témoignage concret d’une collaboration entre les deux rives de la Méditerranée, née sur le terrain et devenue amitié. En juillet 2011, M’hamed revint à Monte Sirai avec son fils Mounir et son petit-fils Hassin : une image émouvante de la continuité entre les générations.

Le deuxième moment concerne son engagement en faveur du patrimoine tunisien. Directeur général de l’Institut National d’Archéologie et d’Art de 1982 à 1987, puis engagé au sein de l’Institut National du Patrimoine, Fantar a su conjuguer la recherche avec la protection du patrimoine, la mise en valeur des monuments et la formation de nouvelles générations de chercheurs. Son œuvre a contribué à redonner à la civilisation punique la place centrale qui lui revient dans l’histoire de la Méditerranée.

Le troisième moment nous est particulièrement cher : le 22 février 2008, l’Université de Sassari lui décerna le titre de docteur honoris causa, à l’initiative de Piero Bartoloni. Sa leçon, Les Puniques et la Sardaigne, exprimait de la plus belle manière le sens d’une histoire partagée. Ce fut la reconnaissance d’une carrière scientifique extraordinaire, mais aussi d’un lien profond et durable avec notre île.

Enfin, je voudrais rappeler sa participation aux colloques de L’Africa romana. Dans ses communications, il aborda le mythe de Marsyas, les survivances de la civilisation punique, l’épigraphie punique et néopunique de la Tunisie, ainsi que la ville punique en Afrique du Nord. Mais je me souviens surtout des paroles par lesquelles il conclut le Xe colloque. Après avoir souligné la richesse des connaissances acquises et l’importance des nouvelles générations de chercheurs, il tint à rappeler la valeur des liens humains et de l’amitié nés au cours de nos rencontres. Et il termina par ces mots que je n’ai jamais oubliés : « Nous sommes maintenant en train nous aussi de reconstruire la Méditerranée ». Près de vingt ans plus tard, lors du XIXe colloque de Sassari, en 2010, Fantar revint sur cette idée dans une communication au titre particulièrement significatif : L’Africa romana pour une Méditerranée solidaire. Il ne s’agissait plus seulement de reconstituer, grâce à la recherche, une histoire partagée, mais aussi de contribuer à bâtir un avenir commun, dans la paix, la solidarité et le respect des différences.

Je crois que ces paroles expriment le sens le plus profond de son enseignement et de notre longue amitié. Nous reconnaissons aujourd’hui encore la leçon la plus précieuse qu’il nous a transmise : connaître le passé pour construire un avenir fondé sur le dialogue, la solidarité et le respect des différences.

Cher M’hamed, merci pour ton savoir, pour ta générosité et, surtout, pour ton amitié.

Joyeux anniversaire, cher M’hamed !

 Journée en hommage au ProfesseurM’hamed Hassine Fantar pour célébrer ses 90 ans

Institut français de Tunisie · Jeudi 5 novembre 2026 · 15h00–18h00

Attilio Mastino

Cher M’hamed, chers amis et collègues,

C’est une immense joie de célébrer aujourd’hui les quatre-vingt-dix ans de M’hamed Hassine Fantar, l’un des plus éminents spécialistes de la civilisation phénicienne et punique, mais surtout un ami auquel nous unissent des décennies de rencontres, de collaboration scientifique sur le patrimoine et d’affection. Je voudrais évoquer quelques moments d’une histoire qui a profondément rapproché la Tunisie et la Sardaigne.

Le premier nous ramène à Monte Sirai, aux années pionnières des recherches entreprises sous l’impulsion de Sabatino Moscati et de Ferruccio Barreca. Piero Bartoloni a conservé un souvenir précis de cette époque : en 1965, Dalila et Mohamed Fantar, alors étudiants à la Sorbonne, à Paris, arrivèrent en Sardaigne et participèrent ensemble aux fouilles de la nécropole punique à hypogées. En 1966, Mohamed fouilla une habitation dans l’insula B de l’agglomération, que les archéologues baptisèrent dès lors affectueusement « Casa Fantar ». Ce n’est pas seulement un épisode de l’histoire des fouilles : c’est le témoignage concret d’une collaboration entre les deux rives de la Méditerranée, née sur le terrain et devenue amitié. En juillet 2011, M’hamed revint à Monte Sirai avec son fils Mounir et son petit-fils Hassin : une image émouvante de la continuité entre les générations.

Le deuxième moment concerne son engagement en faveur du patrimoine tunisien. Directeur général de l’Institut National d’Archéologie et d’Art de 1982 à 1987, puis engagé au sein de l’Institut National du Patrimoine, Fantar a su conjuguer la recherche avec la protection du patrimoine, la mise en valeur des monuments et la formation de nouvelles générations de chercheurs. Son œuvre a contribué à redonner à la civilisation punique la place centrale qui lui revient dans l’histoire de la Méditerranée.

Le troisième moment nous est particulièrement cher : le 22 février 2008, l’Université de Sassari lui décerna le titre de docteur honoris causa, à l’initiative de Piero Bartoloni. Sa leçon, Les Puniques et la Sardaigne, exprimait de la plus belle manière le sens d’une histoire partagée. Ce fut la reconnaissance d’une carrière scientifique extraordinaire, mais aussi d’un lien profond et durable avec notre île.

Enfin, je voudrais rappeler sa participation aux colloques de L’Africa romana. Dans ses communications, il aborda le mythe de Marsyas, les survivances de la civilisation punique, l’épigraphie punique et néopunique de la Tunisie, ainsi que la ville punique en Afrique du Nord. Mais je me souviens surtout des paroles par lesquelles il conclut le Xe colloque. Après avoir souligné la richesse des connaissances acquises et l’importance des nouvelles générations de chercheurs, il tint à rappeler la valeur des liens humains et de l’amitié nés au cours de nos rencontres. Et il termina par ces mots que je n’ai jamais oubliés : « Nous sommes maintenant en train nous aussi de reconstruire la Méditerranée ». Près de vingt ans plus tard, lors du XIXe colloque de Sassari, en 2010, Fantar revint sur cette idée dans une communication au titre particulièrement significatif : L’Africa romana pour une Méditerranée solidaire. Il ne s’agissait plus seulement de reconstituer, grâce à la recherche, une histoire partagée, mais aussi de contribuer à bâtir un avenir commun, dans la paix, la solidarité et le respect des différences.

Je crois que ces paroles expriment le sens le plus profond de son enseignement et de notre longue amitié. Nous reconnaissons aujourd’hui encore la leçon la plus précieuse qu’il nous a transmise : connaître le passé pour construire un avenir fondé sur le dialogue, la solidarité et le respect des différences.

Cher M’hamed, merci pour ton savoir, pour ta générosité et, surtout, pour ton amitié.

Joyeux anniversaire, cher M’hamed !