Da una Sirte all’altra

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Attilio Mastino, En savoir plus sur la navigation sur les deux Syrtes, in D’une Syrte à l’autre, Actes du colloque interntional Mahdia 2-3-4 décembre 2019, III, The two Syrtes between sea and Sahara through History: a space of echange, rivalry and conflict, Textes réunis et présentés par Hafedh ABDOULI, Anna LEONE, Salem MOKNI, Durham 2025, pp. 11-48

Déjà à la fin de l’ère républicaine à Rome, une connaissance
complète des routes, des atterrissages et des ressources d’un
territoire, celui de l’Afrique numide, était restée acquise,
restait longtemps enveloppée dans un halo de mystère. Et
pourtant, malgré des informations adéquates, qui apparaissent
à maintes reprises dans les sources, les écrivains de l’époque
Augusta préfèrent conserver une connotation négative et
terrifiante aux Syrtes, dans le flot d’une tradition littéraire
désormais consolidée. Dans l’Énéide, Virgile souligne cette
caractérisation fabuleuse, basée sur les dangers pour la
navigation et la présence de populations barbares et hostiles;
on peut peut-être localiser l’épisode de la tempête, dans la
mer des Syrtes, qui reprend l’idée d’Apollonius Rodius pour
l’itinéraire suivi par les Argonautes. Selon une interprétation
que j’avais discutée et que j’avais présentée à l’occasion
de la conférence promue en 1987 par l’École française de
Rome, Aeneas aurait atteint le point le plus méridional de
la Méditerranée, jusqu’à la Grande Syrte, à la localité des
Arae Philaenorum, qui a ensuite marqué la frontière entre
les provinces romaines de l’Afrique proconsulaire et de la
Cyrénaïque. La discussion doit maintenant être étendue à
l’âge flavien et à l’âge Antonin, afin d’augmenter le nombre
de sources littéraires sur la base d’une enquête approfondie
menée à cette occasion. Nous fournirons une mise à jour des
dernières études, avec une attention particulière pour les lieux
suivants : Arae Neptuniae, lieu mythique de l’épave d’Aeneas
(Rock Keith, banc de Scherki), Arae Philenorum en Libye,
lieu mythique situé dans la Grande Syrte, de la Petite Syrte
et de Kerkenna. La recherche s’étend maintenant de l’époque
d’Auguste à l’époque impériale et est commentée à la lumière
des dernières études sur les mosaïques illustrant des scènes de
ports placés dans les deux Syrtes, des épaves de navires, une
navigation dangereuse, même à la fin de l’ère de la navigation
de l’apôtre Paul. Pour arriver à la fin de notre époque et au
VIe siècle, en pleine époque byzantine chez la Iohannis de
Corippe: ici la gamme des peuples qui habitent les Syrtes
est plus large, le Nasamones pinnati, qui est « ailé » ou « à
plumes », qui rappelle les sardes dévoués de Sardus Pater, fils
de l’Africain Maceris-Heraklés